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Le Barreau du Québec s’inquiète des menaces dont font l’objet les partenaires d’ASFC en Colombie

Le 20 janvier dernier, le Barreau du Québec s’est adressé au Ministre canadien des Affaires extérieures, l’honorable Lawrence Cannon, pour lui faire part de sa vive préoccupation à l’égard de la sécurité personnelle des membres du Colectivo de abogados « José Alvéar Restrepo » (CAJAR), un cabinet d’avocats qui se consacrent exclusivement à la défense des victimes de violations graves des droits humains, qu’ils représentent tant devant les tribunaux colombiens que devant la Commission et la Cour inter-américaines des droits humains.

Dans sa lettre au Ministre, le Barreau du Québec exhorte ce dernier à transmettre cette inquiétude aux autorités colombiennes compétentes Avocats sans frontières Canada (ASFC) se réjouit de cette prise de position non-équivoque en faveur de ses partenaires en Colombie, et rappelle que pareils gestes de solidarité sont de nature à inciter ces derniers à poursuivre leur combat contre l’impunité en dépit de l’adversité.

Ce soutien du Barreau du Québec s’ajoute à celui exprimé en février 2010 par le Barreau du Haut-Canada dans la foulée du scandale impliquant le Département administratif de sécurité (Departamento Administrativo de Seguridad – DAS) – organe de renseignements subordonné à la Présidence de la République – que l’on accuse d’avoir mené des opérations d’espionnage à grande échelle à l’encontre de plusieurs membres de partis politiques d’opposition, de magistrats, journalistes et défenseurs des droits humains, dont les membres du CAJAR.

« Comme nous l’avons déploré à plusieurs reprises par le passé, les agressions, les menaces et la violence contre les avocats défenseurs des droits humains demeurent monnaie courante en Colombie, a indiqué Me Pascal Paradis, directeur général d’ASFC. La légitimité du travail des défenseurs des droits humains a été publiquement remise en question à de nombreuses reprises par les autorités gouvernementales. Dans le cas des magistrats et des avocats, cela peut les placer dans une situation de danger pour leur sécurité personnelle et leur indépendance, en violation des Principes de base relatifs au rôle du Barreau et des Principes fondamentaux relatifs à l’indépendance de la magistrature », a continué Me Paradis.

Ce mépris envers le travail des avocats défenseurs des droits humains et des magistrats entraîne des conséquences négatives pour la lutte contre l’impunité, la protection et le développement de l’État de droit en Colombie, la représentation effective des victimes et la recherche de la vérité, de la justice et d’une réparation adéquate pour ces dernières.
 

Merci à nos partenaires sans frontières