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Lutte contre la corruption : retour sur une semaine d’activités marquante en Haïti


Cinq mois après la tenue de sa conférence internationale sur le litige stratégique, Avocats sans frontières Canada (ASFC) a consacré toute une semaine à la thématique de la lutte contre la corruption en Haïti, en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux.

L’activité a débuté le 13 novembre par une table ronde sur le thème « Quels sont les leviers pour lutter contre la corruption? » organisée par le regroupement d’organisations de la société civile « Ensemble contre la corruption » en collaboration avec ASFC. Cette activité a permis d’aborder différents enjeux d’actualité relatifs à la lutte contre la corruption, dont les défis sur les plans législatif et institutionnel ainsi que le rôle de la justice pénale, de mécanismes d’enquête et de la société civile.

La corruption n’est pas une fatalité et il existe des moyens pour y faire face. D’où l’importance de ce type d’activités qui vont faciliter des échanges et permettront de s’inspirer des expériences d’autres pays.

« La corruption est une violation des droits humains », affirme le directeur général d’ASFC, Me Pascal Paradis, qui a procédé au lancement de cette table-ronde. Il a insisté sur le caractère mondial du fléau et la nécessité pour les populations de la combattre : « La corruption n’est pas une fatalité et il existe des moyens pour y faire face. D’où l’importance de ce type d’activités qui vont faciliter des échanges et permettront de s’inspirer des expériences d’autres pays. »


Un espace qui favorise le partage d’expériences


Cette table-ronde a été suivie d’un atelier de formation, organisé conjointement avec le barreau de Port-au-Prince, portant sur la lutte contre la corruption et la poursuite des crimes financiers et destiné à des avocat.es et magistrat.es.

Parmi les experts ayant participé à l’activité, il y a lieu de citer la magistrate Mimose Alexandre Janvier, juge à la Cour d'appel de Port-au-Prince et présidente du Chapitre haïtien de l'Association internationale des femmes juges (CHAIFEJ); Me Sonel Jean-François, ancien directeur général de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF); Me Simon Tremblay, ancien procureur en chef adjoint de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (Commission Charbonneau); et de Me Vicky Anik Pilote, procureure aux poursuites criminelles et pénales et spécialisée dans le traitement de dossiers de corruption au Québec.

Pour Me Tremblay, sa participation aux activités représente une « opportunité de partager son expérience en matière de lutte contre la corruption et d’apprendre de ses pairs haïtiens. Pour avoir eu la chance de participer à la Commission, j’estime qu’il était de mon devoir d’appuyer cette initiative qui, je l’espère, sera utile aux participants et participantes », a déclaré Me Tremblay.

« J’ai toujours souhaité collaborer avec ASFC. Participer à cet atelier m’a permis de concilier ma passion pour mon travail, mon intérêt pour le travail d’ASFC et d’échanger avec des acteurs et actrices du système judiciaire haïtien et de la société civile », a pour sa part exprimé Me Pilote.


Une expérience encourageante et porteuse d’espoir


Particulièrement intéressée par la thématique, Me Sara-Hélène Georges, avocate au barreau de Port-au-Prince, dit avoir été attirée par la possibilité d’une approche comparée sur le sujet. « Je suis sortie de l’activité avec un certain encouragement et de l’espoir. Savoir que d’autres pays qui ont été confronté à la corruption ont pu s’en sortir ou ont trouvé un mécanisme pour la combattre est encourageant. C’est pour moi une lueur d’espoir », a fait remarquer la spécialiste en droit des affaires qui est à sa première formation avec ASFC.

De son coté, Me Julnet Joseph, avocat au barreau de Port-au-Prince, estime que la lutte contre la corruption passe d’abord par la sensibilisation et l’éducation de la population.  « On ne peut lutter contre la corruption en Haïti sans regarder l’aspect culturel. La corruption fait plus ou moins partie du tissu social haïtien et sert aussi de moyen de survie. Il faudra avoir des politiques publiques pendant que parallèlement on s’attaque aux normes juridiques », a soutenu l’ancien cadre de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC).

Je suis sortie de l’activité avec un certain encouragement et de l’espoir. Savoir que d’autres pays qui ont été confronté à la corruption ont pu s’en sortir ou ont trouvé un mécanisme pour la combattre est encourageant. C’est pour moi une lueur d’espoir.

L’ensemble des activités a réuni près de 100 personnes dont des membres de la société civile, des acteurs et actrices de l’État haïtien, des représantant.es d’organisation de droits humains, des avocat.es, des magistrat.es, des responsable d’université et des journalistes.