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ASF-Canada et le CAJAR convoquent à Barranquilla (côte caraïbe de la Colombie) un atelier pour les avocats défenseurs des droits humains

Nous nous sommes rendus à Barranquilla sur la Côte atlantique pour la tenue du premier atelier régional pour les avocat(e)s défenseur(e)s des droits humains et autres représentants d'organisations de la société civile prévu dans le cadre de notre programmation pour 2009.  Agenda Caribe (http://agendacaribe.blogspot.com), une organisation qui chapeaute l'action de plusieurs ONGs travaillant dans les domaines des droits humains et de la construction de la paix dans la région caraïbe a appuyé l'organisation et la tenue de cet atelier.  Vingt-quatre (24) avocats et autres défenseurs des droits humains provenant des sept départements de la région côtière (Sucre, Bolivar, Atlantico, Magdalena, César, La Guajira) représentant plusieurs organisations  - dont les sections locales de  mouvements d'envergure nationale tels que le  Mouvement des victimes de crimes d'Etat (MOVICE), le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques, le Comité permanent pour la défense des droits humains, Association colombienne des juristes démocrates – ont pris part à cette journée de discussion. Notre confrère Alirio Uribe du CAJAR était également présent et a apporté son grain de sel aux échanges, faisant profiter l'ensemble du groupe de sa vaste expérience.

La rencontre, par ailleurs fort animée, s'est déroulée dans un environnement qui tranchait avec les histoires racontées. Nous étions dans le jardin d'un hôtel, à l'abri du soleil mais bien exposés à une brise... salutaire dans cette ville où, plus souvent qu'autrement, la chaleur indispose.

C'est que Barranquilla n'est pas le paradis que d'aucuns pourraient imaginer.  C'est le poumon économique de la côte... mais elle se trouve en réalité à quelque 10 km du front de mer.  Quatrième ville en importance de Colombie, Barranquilla s'étire plutôt le long du fleuve Magdalena, juste avant que ce dernier ne se deverse dans la mer des Caraïbes. Elle est, pour l'essentiel, dénuée d'attraits touristiques, bruyante et sale... mais ô combien vibrante.  C'est qu'en février-mars, le coeur de Barranquilla bat au rythme de son carnaval, le second en importance en Amérique latine après celui de Rio. Mon collègue Pascal et moi n'aurons malheureusement eu qu'un avant-goût de cette expérience –  quelques décors et déguisements, des «conjuntos» de musiciens déambulant dans les rues ici et là. Nous avons dû quitter pour Valledupar, où nous attendait la suite de notre mission.

Mais revenons à notre atelier. Bien qu’il ne s'agissait que du premier des sept (7) ateliers de cette nature prévus dans le cadre de notre Projet Colombie, la rencontre de Barranquilla a permis d’atteindre dans une large mesure les objectifs que nous nous étions fixés lors de sa conception. En effet, les discussions ont permis un véritable partage des expériences vécues par l’ensemble des participants, d’identifier des similitudes importantes entre les pratiques de la plupart des avocats présents, et les défis auxquels ils sont confrontés.  Les participants souffrent d'isolement, du manque de ressources financières qui les empêchent de se consacrer complètement à la défense des victimes du conflit armé.  Plusieurs font encore l'objet de manaces de la part des paramilitaires, même si ces derniers se sont formellement démobilisés.  Il nous reste maintenant à déterminer comment nous pourrons nous assurer qu'un suivi soit donné à cet échange. Une conférence est prévue à Carthagène pour avril, à laquelle on espère voir une soixantaine d'avocats costeños participer.

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