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Séminaire Colombie
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-- Projet Colombie -- Projet Nigeria -- Projet Haïti --
Activités de sensibilisation --

NOTE: Cette section constitue une présentation générale de nos principaux projets. Pour les dernières nouvelles et les développements récents concernant nos projets de coopération, nos missions et nos autres activités, consultez notre blogue.


Projet Colombie

Contexte

Le conflit armé que traverse la Colombie depuis des décennies entraîne de graves violations des droits de la personne : massacres, assassinats, enlèvements, disparitions forcées, déplacements internes de populations, arrestations massives et arbitraires par les forces de l’ordre, etc.

Dans ce contexte, on note une augmentation marquée des assassinats, de la violence et des menaces contre les défenseurs des droits de la personne et notamment les avocats de la défense. Ainsi, une centaine d’avocats ont été assassinés ou sont disparus en Colombie dans les 15 dernières années selon un recensement non exhaustif. D’autres ont été réduits au silence ou contraints à l’exil.

En outre, le rôle des avocats défenseurs des droits de la personne est souvent stigmatisé par les autorités, qui utilisent des procédés de « criminalisation de la défense » : harcèlement judiciaire,  accusations et procédures intentées directement contre eux, condamnations. Sans compter le recours à des stratégies de réduction de la liberté d’exercice de la défense : interdictions de prise en charge de certains dossiers, atteintes à la confidentialité, interdictions d’accès aux dossiers et aux lieux d’incarcération des clients, filatures, perquisitions, etc.

Ces agressions contre les défenseurs des droits humains, qui demeurent généralement dans l’impunité la plus totale, et l’association de l’avocat à son client par les différentes factions et par les autorités, rendent de plus en plus difficile la défense des droits humains en faveur des groupes vulnérables. 

L’absence d’un ordre professionnel des avocats et la faiblesse des institutions professionnelles contribuent à aggraver le risque par l’isolement et la fragmentation.

L’entrée en vigueur d’un nouveau régime de droit pénal dans certaines régions de pays à partir du 1er janvier 2004 bouleverse profondément l’exercice des professionnels du droit. Or, la préparation à peu près nulle des avocats de la défense face à cette réforme présente un risque considérable pour la protection des droits des citoyens les plus faibles de la société.

D’autre part, le gouvernement colombien a adopté en 2005, dans le cadre d’un «processus de réconciliation et de paix», une loi visant la démobilisation des groupes armés illégaux. Il s’agit de la loi appelée «Loi justice et paix», laquelle s’applique dans les faits principalement aux paramilitaires. Cette loi, critiquée par la société civile, a fait l’objet d’une importante décision de la Cour constitutionnelle de la Colombie en mai 2006. Ses modalités d’application ont également été précisées par deux décrets adoptés par le gouvernement, un premier dès 2005 et l’autre à la suite de la décision de la Cour constitutionnelle en septembre 2006.

Le processus de démobilisation des paramilitaires est actuellement en cours. Parallèlement, des preuves de liens entre certains niveaux des autorités colombiennes et les paramilitaires ont récemment éclaté au grand jour dans ce qui est maintenant appelé le scandale de la «parapolitique».

Objectifs

Compte tenu de la dégradation de la situation des avocats et autres intervenants du système de justice colombien, les objectifs du Projet Colombie sont les suivants :

  1. Favoriser le libre exercice de la défense et de la promotion des droits humains par les avocats: accompagner et soutenir les avocats défenseurs des droits humains dont la sécurité ou l'indépendance est en danger - investiguer et dénoncer les cas d'avocats agressés, menacés ou confrontés à des problèmes de sécurité ou d'indépendance et intervenir en leur faveur auprès des autorités;
  2. Renforcer les organisations d'avocats défenseurs des droits de la personne et favoriser leur regroupement en un ordre professionnel des avocats;
  3. Sensibiliser les autorités et le public au rôle et à la protection des défenseurs des droits humains et participer à la formation des intervenants de la justice sur le procès équitable;
  4. Surveiller le processus juridique de démobilisation des groupes armés illégaux, notamment en ce qui concerne la participation et la représentation des victimes.

Réalisations

  • Amélioration de la sécurité de certains avocats: soutien moral auprès d’avocats agressés ou menacés, ouverture d’enquêtes et octroi de mesures de protection
  • Observation de procès et amélioration du respect des règles du procès équitable
  • Formation de centaines de juristes grâce à des séminaires et conférences dans 10 villes
  • Amélioration du degré de préparation de certains avocats colombiens au passage au système accusatoire
  • Production de rapports d’observation et d’analyse
  • Progression du sentiment favorable face à la création d’un ordre professionnel des avocats
  • Sensibilisation du public et de la communauté juridique au Canada

Partenaires

Le projet est développé en collaboration avec le Colectivo de abogados José Alverear Restrepo (CAJAR) et l'Asociación colombiana de abogados defensores Eduardo Umaña Mendoza (ACADEUM), une association d'avocats de la défense colombiens.

Responsable du projet au sein d’ASF : Me Pascal Paradis
Coordonnées : pascal.paradis@asfquebec.org




La phase 2004-05 du Projet Colombie d'ASF a été réalisée avec l'appui financier du gouvernement du Canada agissant par l'entremise de l'Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Projet Nigeria

Contexte

Les premières missions menées conjointement par Avocats sans frontières Québec et Avocats sans frontières France au Nigeria visaient le cas d'Amina Lawal, jeune femme de 30 ans condamnée à mort par lapidation pour avoir conçu un enfant en dehors des liens du mariage. Ce dossier mettait en jeu des questions fondamentales relatives au droit à une défense pleine et entière, au droit à l'assistance d'un avocat et, surtout, au droit à la vie, à l'égalité, au respect et à la dignité de la femme. ASFQ a activement contribué à l'acquittement d'Amina Lawal prononcé le 25 septembre 2003.

Malgré cet acquittement, de nombreuses personnes sont encore traduites devant les tribunaux islamiques des États du nord du Nigeria et condamnées sommairement à des peines cruelles : mort par lapidation, amputation d'un membre, flagellation.

La détention à long terme de personnes non accusées, n'ayant pas eu accès à un avocat ou n'ayant jamais comparu en cour est par ailleurs malheureusement une pratique courante au Nigeria. Les cas de mauvais traitements ou de violations de droits fondamentaux des personnes arrêtées ou détenues sont également trop nombreux.

Ce sont toujours les personnes les plus pauvres, surtout des femmes, qui sont les premières victimes des injustices les plus flagrantes. Malheureusement, les avocats nigérians, en nombre insuffisant, oeuvrent dans un contexte extrêmement difficile. L'assistance d'Avocats sans frontières Québec a été requise pour d'autres cas individuels traduits prochainement en justice.

Objectifs

Le projet s'articule autour des objectifs suivants:

  1. Investigation, notamment dans les prisons, et interventions en faveur de personnes arrêtées ou détenues abusivement ou dont les droits fondamentaux ne sont pas respectés;
  2. Suivi de cas et accompagnement d'avocats nigérians dans des dossiers de condamnation en vertu de la loi islamique, spécifiquement des cas de peine de mort par lapidation ou d'amputation. À cet égard, notre dernière mission a entraîné la libération de trois personnes condamnées à mort sans avoir eu droit à un procès;
  3. Activités de formation sur la défense des droits humains et organisation de tables de concertation entre les intervenants de la justice sur les problèmes de détention abusive;
  4. Création d'une association locale d'avocats nigérians voués à la défense de cas reliés à l'application de la loi islamique dont l'objectif est de permettre aux avocats de partager leurs expériences et de parfaire leurs connaissances.

Réalisations

  • Renversement de la condamnation à mort par lapidation de Madame Amina Lawal
  • Visites régulières de prisons
  • Libérations de personnes emprisonnées abusivement
  • Commutations de peines cruelles
  • Octroi d’une assistance légale en faveur de personnes détenues
  • Appui financier au Nigeria Legal Aid Council et aide matérielle à des avocats de la défense
  • Création de tables de concertation régionales
  • Formation des avocats de l’aide juridique et de policiers

Partenaires

Ce projet est développé avec Avocats sans Frontières France en collaboration avec le National Bar Association du Nigeria.

Responsable du projet au sein d’ASF : Me Pierre Brun
Coordonnées : pbrun@grondinpoudrier.com


Logo ACDI

La phase 2006-07 du Projet Nigeria d'ASF est réalisée avec l'appui financier du gouvernement du Canada agissant par l'entremise de l'Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Projet Haïti

Contexte

Emprisonnement des enfants, surpopulation des prisons, détention préventive, négation du droit à l’avocat faute de moyens, administration de la justice déficiente vu l’absence de ressources, retards chroniques dans l’instruction des dossiers, impunité pour les violations de droits de la personne, corruption et manque de formation des professionnels de la justice. Tels sont les principaux constats d’ASF au terme de ses premières missions en Haïti.

Objectifs

Suivant les besoins qui ont été identifiés par les acteurs locaux rencontrés et ses partenaires, ASF entend mettre de l’avant une intervention en trois axes:

  1. Renforcer l'enseignement des droits humains à la Faculté de droit de l'Université d'État d'Haïti par le biais de séminaires portant notamment sur les conventions internationales relatives aux droits civils et politiques, les droits des femmes et des mineurs, les droits économiques et sociaux, le droit du travail, le droit pénal et la sociologie féministe; Permettre à des associations composées de magistrats ou de membres de la société civile de prendre part à ces formations en milieu universitaire afin d'accroître leurs connaissances et faciliter leur travail;
  2. Assigner des coopérants volontaires auprès d’organisations de la société civile haïtienne oeuvrant pour la promotion et la protection des droits humains afin d’offrir une assistance pour la rédaction de plaidoyers et les recherches en droit comparé.

Réalisations

  • Formations d’une semaine pour étudiants et membres de la société civile à l’Université d’État d’Haïti: droit des femmes (juin 2007), droit international du travail (novembre 2007), droit pénal et carcéral (janvier 2008)
  • Mandat d’appui juridique de quatre mois auprès d'ENFOFANM, une organisation de défense des droits des femmes (à compter de novembre 2007)
  • Mandat d'appui juridiquede quatre mois auprès du Groupe d'assistance juridique - GAJ (avril-juillet 2008)
  • Création d’un partenariat entre la Faculté de droit de l’Université Laval et la Faculté de droit de l’UÉH pour la réforme des programmes de cette dernière
  • Création de liens entre les organisations haïtiennes de défense des droits humains

Partenaires

Le projet est développé en collaboration avec le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et l'Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) dans le cadre du Programme de coopération volontaire d'appui à la gouvernance en haïti (PCV) financé par Corps canadien (ACDI).

Le PCV est un projet de transfert de compétences et de renforcement des capacités organisationnelles et institutionnelles de certains partenaires haïtiens dans des secteurs clés. Il vise à contribuer à la réduction de la pauvreté en améliorant la gouvernance dans la mise en œuvre du Cadre de coopération intérimaire (CCI) de la République d’Haïti.

Responsable du projet au sein d’ASF: Me Dominique-Anne Roy
Coordonnées: daroy@grondinpoudrier.com

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Activités de sensibilisation

En parallèle à son action internationale, ASF a comme objectif de faire partager à la communauté les expériences vécues à l’étranger et les enseignements qui en résultent. À cet effet, l’organisation œuvre à :

  • former les membres d'ASFà la défense des droits de la personne dans les pays en voie de développement ou en crise;
  • sensibiliser la population aux enjeux contemporains en matière de droits de la personne en insistant sur la nécessaire ouverture aux différences;
  • participer, au Canada, à la promotion des droits de la personne dans les pays en voie de développement ou en crise;
  • sensibiliser le milieu juridique et le public canadien à la défense des droits de la personne dans les pays en voie de développement ou en crise;
  • partager l'expertise d'ASF dans le milieu juridique canadien;
  • participer aux débats publics en matière de droits de la personne;
  • participer au réseau des institutions et ONG vouées à la promotion et la défense des droits de la personne;
  • dispenser aux juristes des formations et des ateliers sur les projets auxquels ASF s'intéresse afin de les informer sur les problématiques rencontrées à l'étranger et de les inviter à prendre part à des missions;éduquer les étudiants en droit sur le rôle majeur qu'ils peuvent jouer à l'échelle tant locale qu'internationale au chapitre des droits humains;
  • sensibiliser les futurs juristes, par le biais de stages professionnels auprès d'ASF, à la promotion et au respect des droits de la personne en les impliquant dans la préparation des activités locales et des missions à l'étranger de l'organisation;
  • étudier les systèmes de droit étrangers et les cultures juridiques afin de mieux comprendre les différentes approches en matière de droits de la personne.

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